Le Jeudi 25 Octobre 2007 à 10h45
2 opérations militaires américaines et un budget colossal
Les Etats-Unis emmenant les coalitions sur les terrains afghans et irakiens devraient dépenser d'ici à 2017 quelques 2 400 milliards de dollars. Selon le rapport officiel du Bureau du budget du Congrès américain (CBO), 1 700 milliards seraient exclusivement attribués à la guerre elle-même. Par ailleurs, le Pentagone réclame des fonds afin de modifier ses bombardiers furtifs B-2. Dans le but de larguer des bombes massives antibunker, l'armée prescrit 88 millions de dollars. Une certitude, la guerre coûte cher.
1 700 milliards pour la guerre, 705 milliards pour payer les intérêts d'emprunts que l'Etat américain devrait contracter auprès des organismes financiers d'ici 2017, voici le bilan économique proposé par le Bureau du Congrès. C'est d'ailleurs la première fois que le CBO tient compte des intérêts.
Quel financement de la guerre?
Les Etats-Unis ont durant le XXe siècle, financé par différents moyens leurs opérations militaires. Pendant la seconde guerre mondiale, ce fut la population qui dut acquérir des obligations de guerre: les « War Bond ». Entre 1950 et 1953, lors de la guerre de Corée puis durant la guerre du Vietnam (1961-1973), l'Etat avait cette fois augmenté les impôts et diminué les dépenses sociales. Le gouvernement Bush fils, totalement hostile à cette solution mal perçue par l'opinion publique, a cette fois augmenté le budget de la Défense. Un inconvénient de taille cependant, les crédits supplémentaires votés par le Congrès ne sont pas pris en compte dans le déficit budgétaire.

Une bombe pour quel usage?
C'est donc ce que réclame le Pentagone: la rallonge budgétaire de 42,3 milliards de dollars soumise au Congrès par l'administration Bush, servant à lutter contre le terrorisme, devrait servir en partie à financer la bombe massive. D'un poids de 13,56 tonnes, elle exige une modification des bombardiers US. Actuellement en cours de développement par Boeing et l'Agence de défense de réduction de la menace (DTRA), elle aurait été testée dans un tunnel de la DTRA sur une base militaire au Nouveau-Mexique (Sud-Ouest).
Cette nouvelle bombe pose une question fondamentale: ni l'Afghanistan, ni l'Irak, ne possèdent de telles infrastructures argumentant la création d'un tel armement. Alors pourquoi dépenser autant de moyens et d' argent, à un moment où le déficit américain se situe à plus de 1 000 milliards de dollars? La réponse est l'Iran. La « Grande Bleue », appellation de la bombe, aurait été conçue avec, pour objectif, les sites nucléaires iraniens. C'est au moment où les Iraniens commençaient à enterrer le site d'enrichissement d'uranium de Natanz (centre), que les ingénieurs réfléchissaient aux possibilités d'intervention par voie aérienne.
X.A.