Le Vendredi 16 Mai 2008 à 03h13
5e sommet Union Européenne-Amérique latine à Lima
Dans la capitale péruvienne Lima, les représentants d'une cinquantaine de pays des deux continents ont évoqué les problèmes liés à la pauvreté (particulièrement la crise alimentaire) et au réchauffement climatique. Retour sur ces deux enjeux en Amérique latine.
En dépit d'une croissance élevée ces dernières années, l'Amérique latine reste la région la plus inégalitaire du monde. L'exemple du Brésil suffit à résumer la situation: en 2004, les 10% de la population les plus pauvres possédaient 0,9% du revenu national pendant que les 10% les plus aisés en recevaient plus de 40%... Ainsi, si le développement de ces nouvelles puissances est évident, il va de pair avec un creusement des inégalités qui nuit à la majorité des populations. Le pourcentage de la population vivant avec moins de deux dollars par jour, bien qu'en baisse depuis une décennie, s'élève ainsi à 37% et reste le plus élevé de la planète avec celui du continent africain.
A ces problèmes de développement humain s'ajoute un retard en terme de prise en compte du défi écologique. En effet, soucieux de maintenir leur rythme de croissance, ces nations ont clairement négligé la problématique du réchauffement climatique. Un constat alarmant et qui risque de se confirmer en l'absence de mesures fortes pour deux raisons. En premier lieu, le trafic du bois s'est considérablement développé depuis plusieurs années à l'échelle mondiale, à l'image de la situation alarmante au Cameroun. En Amérique latine , de nombreux réseaux illicites perdurent ou apparaissent. Ceux-ci sont le fruit d'une étroite coopération entre des administrations corrompues et les sociétés exportatrices. Ces pratiques minent les efforts des gouvernements concernant la maîtrise de la déforestation. Le Brésil a ainsi fait l'actualité ces derniers jours pour ces deux phénomènes. Alors que Lula a présenté son Plan pour la préservation de l'Amazonie, un vaste trafic se développe continuellement et vise les arbres de la forêt amazonienne. Un constat d'autant plus alarmant qu'un rapport du World Wide Fund for Nature (WWF) publié ce vendredi révèle une diminution de près d'un tiers de la biodiversité dans le monde en trente-cinq ans. D'autre part, les nations sud-américaines, en dépit de l'émergence de plans pour la préservation de l'environnement dans certains pays, revendiquent leur droit relatif à polluer depuis le début de leur expansion économique.
Gaëtan BRIARD