Le Vendredi 21 Novembre 2008 à 12h00
Actualité des publications
L’occasion était donnée, dans l’édition d’hier, d’évoquer un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme ayant condamné la France pour peine inhumaine et dégradante à la suite du suicide d’un détenu. Afin de prolonger, sur un terrain moins juridique que sociologique et psychologique cette fois, la réflexion que suscite cette difficile question, deux ouvrages méritent d’être signalés.
La violence carcérale en question, par A. Chauvenet, C. Rostaing et F. Orlic (PUF, coll. Le lien social, 347 p., 25 euros)
En prison, la violence est partout ; qu’elle soit physique ou symbolique, elle est le fait de tous à l’égard de tous. L’ouvrage repose sur l’analyse méthodique de ses manifestations dans les rapports entre détenus, entre détenus et personnels de surveillance et, plus largement, entre l’administration, ses agents et les populations qu’elle prend en charge.
Les détenus et leurs proches – Solidarité et sentiments à l’ombre des murs, par G. Ricordeau (Ed. Autrement, 265 p., 22 euros)
A partir d’une centaine d’entretiens, l’ouvrage montre combien il est difficile de rester parent, époux, amant, frère ou sœur, fils ou fille quand on est incarcéré. Il confronte les liens affectifs et familiaux à l’incarcération en se plaçant « au seuil de la prison », d’où il est possible d’observer l’évolution des sentiments, de la passion et de la fraternité quand l’autre est derrière les murs. 
David