Le Lundi 01 Décembre 2008 à 01h29
Arrestation de l'ex-PDG de Libération : la polémique enfle
Suite à l'arrestation musclée de l'ancien directeur de la publication de Libération, nombre d'associations et de journalistes s'indignent du traitement administré à Vittorio de Filippis. Ce dernier fait face à un mandat "d'amener" délivré par le Tribunal de grande instance (TGI) de Paris. La cause ? Une affaire de diffamation faisant suite à de nombreuses plaintes de l'ancien directeur de Free Xavier Niel.
Aux yeux des syndicats de journalistes comme de l'opinion, cette affaire apparaît comme un simple délit de presse. Le Syndicat national des journalistes (SNJ) a ainsi dénoncé la "démesure avec laquelle sont désormais instruits certains délits de presse", allant même jusqu'à parler d' "une manoeuvre de plus" pour "intimider la profession". Ce lundi à 12 heures, les syndicats ont appelé les journalistes à se réunir du côté de la Maison de la Radio pour "dénoncer le simulacre des débats aux Etats généraux" de la presse et "faire cesser les atteintes aux libertés de l'information". Reporters Sans Frontières (RSF) a tenu à rappeler que la France «détient le triste record européen du nombre de convocations judiciaires, mises en examen et placements en garde à vue de journalistes»
De son côté, la ministre de la Culture Christine Albanel a déclaré vouloir que "toute la lumière soit faite sur les circonstances" de cette affaire. Par ailleurs, Martine Aubry a déploré "une grave atteinte à la liberté de la presse et aux libertés individuelles". Vendredi matin vers 6 heures 30, l'actuel journaliste économique avait été violemment interpellé à son domicile par les forces de police sous les yeux de ses enfants avant d'être soumis à une fouille au corps. Cette interpellation est intervenue après la plainte "pour diffamation" déposé contre Xavier Niel, le fondateur du fournisseur d'accès à internet, Free. Sa plainte faisait suite au commentaire acerbe d'un internaute sur un article du journaliste Renaud Lecadre à propos de ses démêlés judiciaires pour proxénétisme. Le journal Libération avait déjà été relaxé pour deux autres plaintes concernant ce même article. D'après l'article 42 de la loi sur la presse de 1881, le directeur de publication d'un journal est "l'auteur principal" d'un délit de diffamation publique envers un particulier tandis que le journaliste qui a rédigé le papier est "complice".
GB