Le Jeudi 09 Octobre 2008 à 06h02
Baisse concertée des taux directeurs de 7 banques centrales
A crise majeure, solution majeure. En abaissant de façon simultanée leurs taux directeurs d'un demi-point ce mercredi, sept banques centrales, dont la Fed et la BCE, ont tenté d'apporter une solution radicale à la crise financière mondiale. L'état actuel de l'activité économique et la disparition des pressions inflationnistes sont les causes de cet effort concerté. Pourtant, les Bourses mondiales ont poursuivi leur dégringolade ce mercredi.
"Nous venons d'abaisser les taux d'intérêt de manière extrêmement substantielle, c'est une mesure très importante", a déclaré le président de la Banque centrale européenne. Il est vrai que la mesure est historique côté européen. Couramment critiqué pour sa réticence à baisser les taux de la BCE et ainsi soutenir la croissance, Jean-Claude Trichet n'a cette fois-ci pas longtemps hésité à se joindre à six de ses partenaires afin d'apporter une réponse dans l'urgence à cette crise financière de grande ampleur. Les institutions suédoise, britannique, canadienne, suisse, chinoise et américaine en ont ainsi fait de même. Dans un communiqué, cette dernière, la Réserve fédérale américaine, a évoqué des "signes de faiblesse de l'activité économique" ainsi qu'une "une réduction des pressions inflationnistes" pour justifier ce choix. Si cette baisse simultanée n'est pas la première, elle se démarque par son ampleur. En effet, fait assez rare notamment du côté de l'institution européenne ces dernières années, les taux directeurs de ces banques centrales ont été abaissés de 0,5 point. Le taux directeur de la BCE passe ainsi de 4,25% à 3,75%, tandis que celui de la Fed atteint 1,5%. Un processus auquel se sont joints la Corée du Sud et Taïwan ce jeudi, ces deux pays baissant pour leur part leurs taux directeurs de 0,25%.
"Nous saluons la baisse coordonnée des taux directeurs décidée aujourd'hui par les grandes banques centrales, ainsi que les actions conjointes sans précédent qu'elles ont entreprises pour réduire les tensions sur les marchés financiers", a annoncé Dominique Strauss-Kahn, président du Fonds monétaire international. Dans un rapport publié mercredi, le FMI revoit nettement à la baisse ses prévisions pour l'économie mondiale en 2009. Il évoque désormais une croissance mondiale à hauteur de 3% contre 3,9% lors de son précédent bilan. D'autre part, la croissance des pays développés ne devrait pas dépasser 0,5%.
En dépit de cette mesure historique prise par les principales banques centrales, les Bourses mondiales ont poursuivi leur chute ce mercredi. Les marchés européens ont particulièrement souffert, Paris cédant 6,39%, Francfort 5,88% et Londres 5,18%. Une nouvelle baisse brutale à laquelle Wall Street ne faisait pas face, le Dow Jones ne perdant que 0,5% et le Nasdaq progressant même de 0,54%
Gaëtan Briard