Le Samedi 15 Décembre 2007 à 08h00
Bali : un cycle de deux ans de négociations est lancé, malgré tout
La conférence de Bali a pris fin hier midi. Si le protocole de Bali a été formellement adopte, la plupart des acteurs, à l'image d secrétaire général de l'ONU, Ban-Ki Moon se sont déclarés "déçu(s) par le manque de progrès" .
La conférence de Bali sur le climat devait, presque 10 années après Kyoto, envoyer un signal fort. Cela n'a pas été le cas.
S'appuyant sur les analyses du GIEC (Groupe d'experts intergouvernementaux sur l'évolution du climat), le texte imposait une réduction de 25 à 40 % des émissions de gaz à effet de serre des pays industrialisés, d'ici 2020.Mais les USA ont obtenu qu'on n'écrive pas d'objectif chiffré .
Aidés par les organisateurs, la présidence indonésienne, les Etats-Unis ont tout simplement changé, dans les dernières heures, le fond du texte sur les limitations des gaz à effet de serre. Les émissions doivent "culminer d'ici dix à quinze ans pour être ensuite réduites à des niveaux très bas, bien en dessous des niveaux de 2000".
Auparavant, le Bangladesh, la Chine, l'Inde et le Pakistan avaient demandé des amendements afin d'aider les efforts des pays en plein développement.
L'Union Européenne a finalement annoncé qu’elle soutiendrait le texte final, et le G77 (pays en développement), même si un délégué européen a estimé qu'on "ne peut pas diluer à ce point nos ambitions".
C'est donc "une proposition qui revient à ne pas agir du tout contre le changement climatique", dixit le directeur général du WWF, James Leape. Jean-Louis Borloo, le ministre français, déclarait vouloir inscrire la mention des "25/40" dans l'accord pour "envoyer un signal ambitieux".
Après une nuit très mouvementée, la conférence sur le climat a finalement décidé d'adopter "la feuille de route de Bali". Les négociations sur le futur traité viennent donc d'être lancées, elles se poursuivront jusqu'en 2009.
X.Aurégan