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Le Mardi 30 Septembre 2008 à 04h21

Biélorussie : échec du pluralisme et retournement vers Moscou

Des élections législatives ont été organisées en Biélorussie dimanche. Aucun des 70 candidats de l’opposition n’ont été élus, les 110 sièges du Parlement sont donc occupés par des membres du camp d’Alexandre Loukachenko, le président qui dirige le pays depuis 1994.

Ces législatives devaient être une étape vers un régime pluraliste en Biélorussie. Après les irrégularités des élections de 2004 et le verrouillage de l’opposition en 2005 permettant la réélection du président en 2006 à 83% des voix, 70 candidats avaient été cette fois ci autorisés à faire campagne. C’était la première fois depuis les années 90 que les législatives étaient ouvertes de la sorte en Biélorussie.

Cette ouverture avait été annoncée en août dernier par la libération de trois prisonniers politiques, dont l’ancien candidat à la présidentielle, Alexandre Kozouline. Les opposants ont parlé de changements « cosmétiques », et le scrutin de dimanche a rappelé que la Biélorussie, était la « dernière dictature en Europe », selon les mots de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Les observateurs de l’OSCE ont estimé que le dernier scrutin ne remplissait pas les critères pour une « élection démocratique ». Une grande partie des observateurs n’ont pu assister au dépouillement des bulletins, dans 48 % des bureaux de vote visités le comptage était « mauvais ou très mauvais », des cas de falsification ont été relevés, liste le rapport de l’OSCE.

D’après Marie Jégo, correspondante de Moscou pour Le Monde, l’autorisation des candidats de l’opposition était une manière pour Loukachenko « d’organiser des élections présentables », et d’espérer ainsi voir lever les sanctions de l’Union européenne et des Etats-Unis envers son pays. Ce rapprochement avec l’Occident semble nécessaire à Minsk qui paye actuellement son trop fort attachement à la Russie. La Biélorussie dépend en effet du grand voisin russe pour le gaz, le pétrole et l’écoulement de sa production industrielle. Aussi quand le président Loukachenko a rechigné à reconnaître les indépendances de l’Abkhazie et de l’Ossétie du Sud, Moscou n’a pas hésité à relever les prix du pétrole et du gaz. Or, si la Biélorussie n’a pas rempli ses engagements en matière électorale auprès de l’Europe, il se peut que Loukachenko doive de nouveau vers la Russie. Pour le parti Citoyen uni, de l’opposition, Vladimir Poutine devrait sûrement offrir des avantages financiers à Minsk lors de sa visite le 6 octobre prochain.

 

Sources :

Le Monde

RFI

Ministère des Affaires Etrangères Français

Marie Barral

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