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Le Lundi 24 Mars 2008 à 11h46

CD : Bleu pétrole, un Bashung obvie

Cinq ans après « L’imprudence », le crooner charismatique quitte les sentiers barrés des cantiques pour revenir à de la pop, de la vraie. Les fans d’ « Osez Joséphine » apprécieront ce « Bleu pétrole » qui brûle par les deux bouts le répertoire classique d’Alain Bashung.

Bashung « Chepapapa, chepapapapa », scande Alain Bashung dans « Résidents de la république ». Mais il sait très bien ce q’il veut : une réconciliation avec la pop. Et de qui s’entourer : Gaëtan Roussel, le grand Gérard Manset pour le plus beau morceau de l’album aux accents de « Déesse rêve » : « Venus », mais aussi ses jeunes poulains ultra doués : Joseph d’Anvers (que l’on avait découvert avec son album solo : « les choses en face ») et Armand Méliès (souvent monté sur scène avec Bashung et dont on est « ivres » depuis ses «Tortures volontaires »). Il sait aussi où il veut nous mener : loin très loin avec les mots, comme d’habitude, dans une sorte de voyage de baroudeur à travers de grand ouest de sa carrière, et selon une orchestration mesurée au millimètre.

Jeux de mots, jeux de devins, répétitions calines. Les paronomases d’« Hier à Sousse » raviront les fans de « La nuit je mens », les mots précieux et érotiques de « Vénus » emballeront les inconditionnels de « Madame Rêve », et les poètes humeront les métaphores de « Sur un trapèze » et « Comme un légo ». Sexy, sexuel, sensuel, Bashung nous revient comme on l’aime : un rêve diurne de plaisirs d’oreilles. Référentiel, il fait aussi une très belle reprise en Français du Suzanne de Léonard Cohen. « Bleu pétrole » est tout simplement inévitable pour colorer le ciel musical du printemps.

Alain Bashung, « Bleu pétrole », Universal, 20 euros en édition limitée avec Dvd.

« Là un dard venimeux/ Là un socle trompeur/ Plus loin à demi trempée/ Dans un liquide saumâtre/ Plein de décoctions/ D’acides…/ L’inévitable/ Clairière amie/ Vaste accueillante/ les fruits à portée de main/ Et les délices divers/ Dissimulés dans les entrailles d’une canopée/ Plus haut que les nues…/ Elle est née des caprices/ Elle est née des caprices » (Vénus).

Yaël Hirsch

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