Le Mardi 18 Décembre 2007 à 08h38
Cinéma : La visite de la fanfare
Le premier long métrage de l'Israélien Eran Kolirin confronte une fanfare de musique traditionnelle egyptienne à la population d'une petite ville israélienne. Avec l'immense Ronit Elkabetz (Alila, Mariage tardif, Prendre femme) et Sasson Gabai, meilleur acteur européen au derniers european awards pour son rôle dans ce film.
Une fanfare egyptienne, droite dans ses bottes, masculine mais sensible au bout de ses doigts rompue à l'exercice de la musique traditionnelle arabe, se retrouve perdue dans un bled du désert israélien. Les quelques habitants du village, dont la patronne de bar, Dina (Ronit Elkabetz) les accueillent avec ce franc parler et cette ironie mais aussi cette chaleur qu'on pourrait dire typiques. Dina a d'ailleurs des vues sur le chef d'orchestre (Sasson Gabai) qu'elle trouve plus à son goût malgré sa maturité que le sexy flutiste de la troupe.
Le choc de deux cultures si proches rend les situations cocasses, et nous sommes attendris et génés par la gêne des personnages. Dignité et quant à soi sont cependant les deux points forts du film où les blessures des personnages opèrent sans jamais saigner de sucre de miel, ou de lait, des conversations fabriquées en un anglais de cuisine. Ronit Elkabetz en fait des tonnes dans son rôle de belle brune à oeillades aguicheuse. Son charme dans un restauroute se fracasse à la raideur aussi héroique que comique de Sasson Gabai, pour faire sourire le spectateur et donner un tableau d'une puissante force triviale. Enfin, la meilleure scène du film se passe dans un vieux dansing des années 1980, où un des égyptiens apprend à un jeune israélien timide par des gestes à séduire une jeune femme toute aussi empotée que son compagnon. Un film tendre, direct et profondément humain.
Yaël Hirsch