Le Vendredi 02 Novembre 2007 à 05h19
Diplomatie américaine
Le président américain a désavoué hier les propos de Donald Rumsfeld, sur la paresse des musulmans. Il a par ailleurs comparé l’attitude des démocrates face au terrorisme à ceux qui ont ignoré la montée des totalitarismes entre les deux Guerres Mondiales.
Alors qu'il était secrétaire d'Etat à la défense américaine, jusqu'en novembre 2006, Donald Rumsfeld rédigait de nombreuses notes de services. Dans l’une d’elles, on y lit que la ressource pétrolière a parfois éloigné les musulmans "de la réalité du travail, de l'effort et de l'investissement, qui mène à la richesse ailleurs dans le monde". Ils feraient donc venir des Coréens et des Pakistanais par peur des efforts physiques tandis que leurs jeunes restent au chômage.
Cette note était très malvenue pour George W. Bush. Tandis que l’image des Etats-Unis reste très négative dans le monde, Karen Hugues, secrétaire d’Etat chargée de la diplomatie publique annonçait sa démission mercredi. La porte parole de la Maison Blanche, Dana Perino, a fait savoir que les propos contenus dans les notes n’étaient pas conformes « au point de vue du président ».
Un président qui a par ailleurs accusé le Congrès de bloquer des textes de lois destinés à empêcher les attaques terroristes. Concrètement, l’assemblée ralentit le vote des crédits pour financer la guerre, les programmes du Pentagone ou l’aide aux vétérans, etc… « Certains au Congrès se comportent comme si l'Amérique n'était pas en guerre » déplorait hier Bush.
C'est la deuxième fois en deux jours que le Président reproche au Congrès son inaction. Il a comparé les responsables démocrates de l’assemblée aux personnes qui ont ignoré la montée de Lénine et Hitler dans les années 1920-1930, rappelant le « prix » qu’avait payé le monde de cette inaction. Les réticences du Congrès envers les mesures du Président républicain s’expliquent notamment par le fait que l'assemblée est depuis janvier 2007 majoritairement démocrate.
MB