Le Samedi 17 Mai 2008 à 07h04
Du pétrole saoudien pour les automobilistes américains
Le jour même où George Bush se rendait en Arabie Saoudite dans l’optique de soulager l’économie et les consommateurs de son pays, hier, l’Arabie Saoudite annonçait avoir augmenté sa production de 300 000 barils par jour depuis le début du mois de mai. Outre-Atlantique, le prix de l'essence est devenu un enjeu majeur de la campagne présidentielle.
Hier, avant que G. Bush n’arrive en Arabie Saoudite, les cours du pétrole établissaient de nouveaux records : 126,34 dollars pour le baril de Brent londonien et 127,82 dollars pour le light sweet crude à New York.
D’après le ministre du Pétrole saoudien, Ali Al-Nouaïmi, l’augmentation de la production de pétrole de 300 000 barils par jour en mai répondait à la demande d’une cinquantaine de clients, mais essentiellement à celle des Etats-Unis. Le ministre a précisé que l’augmentation des prix du baril n’était pas principalement due à un approvisionnement suffisant mais à une conjonction de facteurs : faiblesse du dollar, spéculation sur le pétrole, etc. Quoiqu'il en soit, l’envolée du prix de l’essence provoque outre-Atlantique la grogne des automobilistes. C’est même devenu un enjeu majeur de la campagne présidentielle.
Après un premier refus en janvier dernier de l’Arabie Saoudite d’augmenter sa production, les experts s’attendaient à une nouvelle réponse négative du Royaume. Alors que GeorgeW Bush se préparait à partir pour Riyad, les sénateurs démocrates présentaient une résolution visant à bloquer la vente d’armes d’un montant de 1,4 milliard de dollars à l’Arabie Saoudite si cette dernière n’augmentait pas sa production. De son côté, la Maison Blanche annonçait la conclusion avec les Saoudiens d’un accord visant à renforcer la protection des infrastructures pétrolières contre les attaques terroristes. Les deux pays devraient aussi signer un mémorandum de coopération dans le nucléaire civil. Ce texte vise à préparer l’accès de l’Arabie saoudite à des sources combustibles pour réacteurs nucléaires.
Marie Barral