Le Mardi 30 Septembre 2008 à 11h55
Explications données à l'envolée des chiffres du chômage
Il y a quelques semaines, Mme Lagarde se félicitait d’un taux de chômage « historiquement bas ». Hier, l’ANPE a annoncé 41 300 demandeurs de plus au mois d’août. Crise financière et moindre recrutement dans les banques ? Augmentation des inscriptions à l’ANPE pendant les grandes vacances ? Fin des contrats aidés ? En3mots revient sur les diverses raisons avancées pour expliquer cette augmentation.
Sur son site, Ouest France recensait hier les différentes causes de l’envolée. Croissance en panne, achèvement des contrats aidés, moindre recrutement dans un secteur auparavant dynamique, les banques, baisse de l’intérim à cause, notamment du recours aux heures supplémentaires, ou achèvement des contrats aidés par l’Etat, ou enfin, ralentissement de l’activité dans le bâtiment et l’automobile en France, toutes ces raisons peuvent expliquer ce chiffre de 41 300 nouveaux demandeurs d’emplois en août, le plus mauvais chiffre mensuel depuis mars 1993.
Interrogé sur le site du Monde, Eric Heyer, économise à l’OFCE (Centre de recherche en Economie à Sciences Po), retient comme première explication « la forte destruction de contrats aidés » en août : en tout, sur 1 seul mois, 16 000 emplois de ce type auraient disparu. Plus globalement, pour M. Heyer, la crise financière n’est qu’un choc parmi 4 autres pour expliquer le ralentissement économique : « la crise immobilière, la crise des changes, et surtout, la crise du pouvoir d'achat », elle-même expliquée par une hausse de l’inflation. La défiscalisation des heures sup’, ont « amplifié » le phénomène, en limitant le recours par les employeurs aux contrats intérimaires.
Analyste à BNP Paribas, Mathieu Kaiser lie dans L'Expansion la détérioration du marché de l’emploi à la crise financière « qui dure depuis un an ». L’inflation et la baisse de la demande, ont aussi joué sur la baisse de l’emploi. La brutalité de la hausse de l’été s’expliquerait aussi, toujours selon l’analyste, par le fait que les étudiants n’ont pas « débarqué sur le marché du travail aussi vite que d'habitude »… et que le marché n’est pas assez flexible : les créations d’emplois ont été « mal orientées ».
Chez les Allemands au contraire, « le marché du travail reste la seule source de bonnes nouvelles » estime Alexander Koch, d'Unicredit. Le taux de chômage est descendu à 7,4% en septembre. Une situation qui, selon les économistes, ne devraient pas durer…
Marie Barral