Le Dimanche 31 Août 2008 à 08h20
Géorgie : face à la fermeté russe, les doutes européens
Dimanche, le président russe Dmitri Medvedev a déclaré la reconnaissance de l’indépendance de l’Ossétie du Sud et de l’Abkazie par la Russie « irrévocable ». Il a fait savoir que son pays pourrait répondre aux éventuelles sanctions européennes par... des sanctions. Mais que prévoient justement les Européens ?
Déclarations russes
La Russie « ne peut pas accepter un système mondial où toutes les décisions sont prises par un seul pays même aussi important que les Etats-Unis. Un tel monde est instable et porteur de menaces de conflits ». Dimanche, à la veille du conseil extraordinaire de l’Union européenne consacré à la crise géorgienne, le président russe a réaffirmé son rejet d’un monde « unipolaire » ainsi que sa position dans la crise géorgienne : la Russie a reconnu l’indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkazie. Moscou pourrait même, si cela est nécessaire, répondre aux éventuelles sanctions européennes par des sanctions. Le Premier ministre russe Vladimir Poutine est allé dans le sens de son président : « Quoi qu'il arrive et quoi qu'on en dise, la vérité est de notre côté. Nous nous conduisons de manière absolument morale et conforme au droit international en vigueur ».
Discussions européennes
Actuellement, excepté la Russie, aucun autre pays n’a reconnu les Républiques d’Ossétie du Sud et d’Abkazie. Les Etats membres de l’Union européenne dervaient travailler dès aujourd’hui à la formulation d’une position commune, mais les lignes de fractures se font déjà sentir. Les anciens pays du bloc soviétique affichent une position « dure » face à la Russie tandis que les Etats Europe de l’Ouest (France, Allemagne, Italie, Bénélux) se montrent plus modérés. Vendredi dernier, la présidence française de l’Union européenne excluait toute idée de sanction. Et les Européens semblent sur le point de se mettre d’accord pour accorder un délai supplémentaire à la Russie. Moscou aurait jusqu’au prochain sommet UE-Russie, prévu le 14 novembre, pour se mettre en conformité avec l’accord du 12 août négocié par Nicolas Sarkozy.
Pour en savoir plus sur l'accord du 12 août : rdv sur en3mots demain.
Marie Barral