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Lundi 06 Octobre 2008

 

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Le Lundi 17 Mars 2008 à 11h36

Les concerts à emporter: le concept français qui cuisine le rock

De vraies trouvailles musicales, on en débusque tous les jours sur internet. Mais quand on en oublie de faire son article, hypnotisé par les trésors que recèle le site des « Concerts à emporter », on peut se dire que là, on tient vraiment quelque chose. Improbable mais génial, le concert à emporter lâche les artistes dans la nature et leur improvise une nouvelle dimension d'expression.

        L'idée a germé dans le cerveau déluré et fécond de Vincent Moon et de Christophe Abric, qui s'occupe de la blogothèque sur internet. Des labels avaient contacté le site de musique pour leur proposer de passer une heure avec leurs artistes. Mais la fantaisie créatrice des deux compères ne pouvait se contenter d'une simple interview, une rencontre bien trop conventionnelle et engoncée dans le mécanisme de répétition des promotions commerciales: "L'artiste dit toujours la même chose pendant les interviews, joue les quatre mêmes morceaux pendant les concerts. Nous, on leur offre un vrai moment de liberté".

      Ils ont alors décidé de pousser les artistes dans leurs retranchements et hors de la scène. De les mettre au défi en somme: les "take away concerts" s'improvisent dans le métro, dans un café, sur un toit, dans un ascenseur, un square, un magasin, n'importe où. "Ce sont des groupes qui ne sont pas habitués à jouer dans la rue. L'intérêt est de voir comment ils s'approprient cette nouvelle configuration".

      "Vas-y, montre moi ce que tu sais faire", voilà ce que semble leur dire Vincent Moon qui filme sans équipe, la caméra et l'audace au poing pour forcer l'élite rock à se déshabiller. Car tout est dans l'art de convaincre les moins casse-cou, de les entraîner (et parfois les traîner) dans ses échappées. Au menu, 88 concerts à emporter en un an et demi : des groupes qui montent comme Beirut, un groupe de rock indépendant franco-américain qui a un bel avenir devant lui, et des groupes qui, pensait-on à tort, n'avaient plus grand chose à prouver. The Shins, Arcade Fire, Sufjan Stevens, Cocoon, the Divine comedy, et the Kooks (ci-dessous), qui n'en reviennent pas et dont le chanteur éclate de rire avant un concert parisien à la Maroquinerie : "c'est la chose la plus dingue que j'aie jamais faite!"

        Les Cold War Kids dans un parking de la Plaine-Saint-Denis, Arcade Fire dans un ascenseur, tout est permis et encouragé : frapper sur des poubelles, sur la tôle d'un monte-charge, déchirer des magazines, l'absence de percussion fait surgir des ressources d'inventivité insoupçonnées. Finalement, la force du concert à emporter, c'est de donner l'impression que nous aussi on était là: embarqués dans la même galère quand Sufjan Stevens traîne des pieds pour finir son morceau sur un toit battu par les vents, hilares devant les frasques métropolitaines des Yeasayer, cueillis juste après leur concert, sur la ligne 11, direction Porte des Lilas.

Tous les Concerts à emporter peuvent être podcastés sur http://blogotheque.net/spip.php?page=cae_all&lang=fr

Emilie Cochaud

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