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Vendredi 25 Juillet 2008

 

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Le Vendredi 16 Mai 2008 à 04h35

Nietzsche, Wagner et autres cruautés au 20e théâtre

C'est sûr, Nietzsche n'est pas mort. Il est à l'honneur à l'exposition « Traces du Sacré » au Centre Pompidou ou au Vingtième Théâtre (Paris 20e) où se joue jusqu'au 22 juin « Nietzsche, Wagner et autres cruautés ». Une pièce sur la vie du philosophe mise en scène par Marc Lesage.

Un vieil homme sénile engoncé dans son fauteuil, complètement dépendant de sa soeur qui gentiment vient lui porter son chocolat, lui changer son costume ou lui faire faire sa toilette. Et pendant qu'il livre sa chair à Elisabeth (Marcelline Collard), Friedich (Emmanuel Dechartre) esprit discute avec Wagner (Jean-Pierre Gernez), ou plutôt son fantôme, divague, « martèle » ses pensées ou rêve de Lou Salomé (Maria Blanco).

Lou, la brillante juive que le « Professeur » a, il y a bien longtemps maintenant, aimée, est d'ailleurs là devant nous, côté cour, auprès de Leni Riefenstahl (Smadi Wolfman), la cinéaste allemande qui travaille à célébrer par l'image la grandeur du Fuhrer. Lou la prie d'intercéder auprès d'Hitler afin d'éviter que l'oeuvre du génie ne soit récupérée par les nazis. Qu'importe pour Elisabeth que son frère ait bien écrit «je ne suis pas juif, je suis sur-juif », qu'importe qu'en nous invitant à être des êtres supérieurs, le philosophe nous incite à nous dépasser nous-mêmes, à être des « enfants » émerveillés et créateurs, surtout pas des masses au service d'un chef ; qu'importe que toute vérité soit, selon lui, à la fois subjectivité et objectivité, la soeur de Nietzsche milite auprès de Goebbels pour que "La Volonté de puissance" serve l'idéologie du parti.

De la cour au jardin, le spectateur assiste tantôt aux monologues et délires de Nietzsche, tantôt à l'élaboration de la propagande nazie. Le va et vient entre une époque et l'autre est rapide, à philosophie du marteau, Marc Lesage semble répondre « théâtre du marteau » ; pour un homme qui se dit être « de la dynamite », il fait exploser son et lumières. Mais de cette explosion ne ressort que poussière, les dialogues ne sont pas tenus ou creux, l'intellectuelle et longtemps frigide Lou prend des allures de sirène langoureuse, les deux amoureux qui pouvaient discourir des heures durant ne font que se répéter, et la chambre du malade torturé est changée en plateau-télé...

Nietzsche ne sera compris qu'en l'an 2000 dixit Nietzsche lui-même. Pas sûr qu'avec cette pièce on ne comprenne plus Nietzsche ou l'on apprenne quoi que ce soit de lui.

Nietzsche, Wagner et autres cruautés, Vingtième Théâtre, jusqu'au 22 juin, 7 rue des Platrières, Paris 20e, Métro Ménilmontant, Réservations au 01 43 66 01 13, du mercr-sam 19h30, dim 15h. TP : 22 euros, T étudiant : 12 euros.

Marie Barral

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