Le Vendredi 28 Novembre 2008 à 10h14
Plus de chômeurs... et plus de chômeurs techniques ?
Le chiffre est tombé hier soir, la France compte plus de deux millions de chômeurs. Le chômage ayant augmenté de 2,4% ces derniers mois, soit le plus mauvais score depuis mars 1993. Aux rangs des chômeurs « classiques » viennent s'ajouter les rangs des « chômeurs techniques », que le Président de la République compte encore grossir. Explications.
Renault, PSA, Rhodia... les annonces d'entreprises mettant leurs salariés au chômage technique n'ont cessé de fleurir ces dernières semaines. Pour les constructeurs d'automobiles notamment, c'est un moyen de ralentir une production qu'ils n'arrivent pas à écouler. Mardi dernier, le Président de la République a justement annoncé qu'il comptait assouplir les conditions d'application du recours au chômage technique. D'après le site du ministère du Travail, la période de chômage partiel pour un salarié ne peut excéder 4 semaines d'affilée ( ou 600 heures). Lorsque cette période excède 4 semaines, le salarié entre en chômage « partiel total » : il est comptabilisé dans les chiffres officiels du chômage et touche les Assedic.
Pour faciliter le recours au chômage technique, le Président de la République prévoit donc repousser la limite à partir de laquelle le salarié passe en « chômage partiel total » : non plus 4 semaines mais 6, non plus 600 heures mais 800 voire 1000 heures.
Les salariés en chômage technique sont actuellement indemnisés à 4,42 euros par heure, soit un peu plus de la moitié du Smic. Nicolas Sarkozy propose de porter l'indemnisation « au niveau du Smic ». Pour ce faire, il a besoin du soutien du patronat qui participe pour un peu plus de 50% à cette indemnisation (l'Etat finançant le reste). Le Medef et les syndicats ont justement fait savoir qu'ils n'étaient pas « hostiles » aux négociations mais qu'ils attendaient de voir le niveau de la participation de l'Etat dans le financement...
MB