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Le Mercredi 12 Mars 2008 à 02h49

Présidentielles américaines : les candidats, les religions et les religieux

84% des Américains disent appartenir à une religion. 51% se revendiquent d’un courant protestant. Les observateurs sont de plus en plus nombreux à considérer décisif le vote évangéliste pour la désignation du Président des Etats-Unis.
Alors que John McCain a enfin été investi candidat officiel du parti républicain, qu'Hillary Clinton et Barack Obama continuent leur course à l'investiture du parti démocrate pour la présidentielle du 4 novembre prochain, En3mots revient pour ses lecteurs sur les choix religieux des 3 candidats et leurs principaux soutiens confessionnels.

Quelques chiffres en préambule sur les religions aux Etats-Unis :

Protestants : 51,3% de la population.

Catholiques : 23,9%.

Mormons : 1,7%.

Juifs : 1,7%.

Bouddhistes : 0,7%.

Témoins de Jehova : 0,7%.

 Musulmans : 0,6%.

Hindous : 0,4%.

Sans religion : 16,1%.

L’enjeu pour les candidats – tous les trois protestants - est donc, on le devine, de séduire prioritairement les milieux chrétiens toutes tendances confondues. Les déclarations radicales de John McCain (« J’apprécie beaucoup les musulmans, mais je n’en vois pas un à la Maison Blanche » ) et de Barack Obama (« Je n’ai jamais été et ne serai jamais musulman ») pouvant heurter l’électorat musulman s’expliquent par la faible représentation de cette confession dans la population américaine.

- Hillary Clinton

Agée de 60 ans et de confession protestante, appartenant à l'aile « United Methodist », Mme Clinton est fille d’un enseignant à la «Methodist Sunday school ». Elle a fréquenté l’Ecole du dimanche (catéchisme protestant) et « l’école de la Bible » durant les vacances scolaires. Elle est membre depuis toujours de l’Union des Eglises Méthodistes, branche la plus importante du protestantisme aux Etats-Unis. Après son mariage avec Bill Clinton (Baptiste du Sud), elle a enseigné à l’école du dimanche. Dans son autobiographie, elle décrit sa foi comme « cruciale, bien que profondément personnelle, part de [sa] vie et de la vie de [sa] famille ». Elle a ajouté que même si elle n’avait pas été éduquée à la prière par sa famille, « après avoir passé quelques mois à la Maison Blanche, je me serais de toute façon mise à prier ». Elle est actuellement membre du Groupe de Prière du Sénat américain qui regroupe un nombre important de Républicains et de Démocrates parmi ses membres. Hillary Clinton est décrite comme « moralement et socialement libérale » par le WashigtonPost. Si elle revendique ouvertement sa foi et sa croyance, elle soutient ardemment le droit à l’avortement. Ce qui lui donne le soutien de nombreux milieux modérés.

- Barrack Hussein Obama

Agé de 46 ans et de confession protestante, il est membre de l' « United Church of Christ » (branche protestante rassemblant 1,2 million de fidèles). Son père Kenyan né musulman, est devenu athée. Sa mère est née de parents Baptistes et Méthodistes non-pratiquants. Elle s’est remariée à un Indonésien adhérant à une branche de l’Islam décrite par Obama comme faisant chambre avec d’anciennes pratiques animistes mêlées de foi hindoue. Obama a passé cinq ans en Indonésie, dont trois dans une école catholique et un an dans une école à dominante musulmane. Il se définit lui-même comme un « chrétien engagé », son porte-parole ayant tenu à préciser que l’actuel favori du parti démocrate n’a jamais été musulman. Contre la peine de mort et pour l’avortement, il bénéficie du soutien des milieux laïques et progressistes. Il bénéficie parallèlement du soutien d’un certain nombre de chefs religieux de toutes confessions, y compris musulmans, en dépit de ses dénégations d’appartenance à cette confession. Le soutien le plus délicat du favori démocrate est sans aucun doute Louis Farrakhan, chef de la « Nation de l’Islam », qui a rejoint cette semaine le rang de ses soutiens, en le qualifiant d’ « héraut du Messie ». Ce soutien a suscité les inquiétudes des chefs de la communauté juive, Farrakhan étant réputé pour son emploi de la rhétorique antisémite. Interrogé sur ce point, Obama a réitéré sa condamnation des propos de Farrakhan, les considérant « inacceptables et répréhensibles ». Il a également affirmé : « Allons tous ensemble, Protestants et Catholiques, Musulmans et Hindous et Juifs, croyants et – oui – non-croyants similairement. Nous n’allons pas nous entendre sur tout, mais nous pouvons être en désaccord sans être désagréables ».

- John McCain

Ag"é de 71 ans, de confession protestante, Baptiste McCain a été élevé au sein de l’Eglise Eépiscopale, un courant central du protestantisme qui revendique 2,4 millions de membres. Son grand-père était « Episcopal minister » ; McCain étant lui même diplômé de l’ « Episcopal High School » en 1954. Dans son ouvrage « La force morale fait le destin » (Character is Destiny »), il explique que c’est sa foi qui lui a permis de survivre durant les cinq ans et demi qu’il a passés en tant que prisonnier pendant la guerre du Vietnam. Il a fréquenté avec sa femme, pendant plus de 15 ans, la « North Phoenix Baptist Church ». En septembre 2007, McCain déclare : « Je ne suis pas Episcopalien. Je suis Baptiste ». Une semaine plus tard, il précisa : la chose plus importante est que je sois un chrétien ». Il a aussi déclaré prier régulièrement. Le candidat républicain considère ouvertement les Etats-Unis comme une nation judéo-chrétienne. S’il n’a « rien contre les musulmans », il continue de considérer qu’un individu de cette confession n’aurait « pas sa place » à la Maison-Blanche (visant implicitement Obama). McCain est de loin le plus conservateur des trois candidats actuellement en lice (avant que Clinton et Obama soient définitivement départagés), ouvertement anti-avortement et pour la peine de mort. L’incertitude demeure sur sa capacité à obtenir le soutien des Evangélistes, traditionnellement pro-Républicains. Représentant 26% de la population américaine, leur poids ne résulterait pas tant de leur nombre que de leur capacité de mobilisation en faveur d’une consigne de vote.

Adrien Aszerman

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