Le Jeudi 02 Octobre 2008 à 11h22
Sanction pour le policier qui enquêtait sur la religion de certains employés
Le 16 septembre dernier, un policier des Renseignements généraux (RG) envoyait un mail aux ressources humaines du conseil régional pour connaître la confession religieuse des employés. Révélée ce jeudi, cet acte a suscité un véritable tollé du côté de la classe politique et des associations de défense des libertés. Après qu'une enquête interne à la police ait qualifiée de "personnelle" l'initiative prise par le policier, le Ministère de l'Intérieur a blamé ce dernier avant d'exiger sa mutation dans un autre service.

Le courriel adressé au conseil régional interrogeait les ressources humaines sur la présence ou non d' "agents de confession autre que chrétienne". Ayant pris connaissance de cette demande, le président PS de la région avait demandé l'avis de Michèle Alliot-Marie (photo) "sur cette enquête qu'il trouve choquante tant dans son principe que dans les modalités de sa mise en oeuvre". Ce à quoi le cabinet de la ministre de l'intérieur avait répondu que la demande du policier était "inadmissible" et "totalement déplacée".
Face à cet écart d'un membre de la police du renseignement, il a fallu agir vite pour le Ministère de l'Intérieur. Dès la publication des conclusions de l'enquête interne, le policier en question s'est vu sanctionné de façon exemplaire. "En conséquence il a été sanctionné d'un blâme ainsi que d'une mutation d'office dans un autre service de police ne relevant pas du renseignement avec effet dès vendredi matin". Une sanction express en vue d'éteindre toute nouvelle polémique sur le fichage des individus. A ce sujet, le fichier Edwige a été vidé de sa substance suite à une révision effectuée par le gouvernement. Le nouveau fichier (EDVIRSP) a donné lieu à un avis favorable de la Commission nationale de l'informatique et des libertés (CNIL). Face à la fronde, le Ministère de l'Intérieur avait retiré du fichier initial les caractéristiques des individus concernant les préférences sexuelles ou encore la religion.
Gaëtan Briard