Le Vendredi 14 Mars 2008 à 09h33
Scènes de violences à Lhassa
Manifestants tibétains et forces de l'ordre se sont affrontés hier dans la capitale du Tibet, Lhassa, faisant de nombreux morts (une dizaine selon l'agence Chine nouvelle, bien plus selon des sources tibétaines) et de nombreux bléssés. Ces incidents sont sans précédent depuis 1989 dans la « Région Autonome du Tibet » qui a été fermée aux touristes étrangers.
Les manifestations ont commencé lundi dernier au Tibet. Ce jour-là, des centaines de moines ont défilé à Lhassa pour demander la libération de ceux d'entre eux arrêtés en 2007. En octobre dernier, des religieux avaient alors été emprisonnés car ils avaient repeint des murs du monastère de Drepung pour célébrer la remise de la médaille d'or du Congrès par George Bush au Dalaï-lama.
Les défilés de lundi coïncidaient avec le souvenir du 49e anniversaire du soulèvement anti-chinois qui avait provoqué le départ du Dalaï-lama en Inde. Une cinquantaine de moines ont été arrêtés mais les manifestations se sont prolongées... Hier, les violences ont éclaté dans le quartier historique de la capitale tibétaine, près du monastère du Jokhang. Plusieurs bâtiments ont été incendiés.
Lundi, de son exil en Inde, le Dalaï-lama dénonçait la répression chinoise. Le ton employé, très ferme, était inhabituel. Hier, il a de nouveau demandé à la Chine de « renoncer à l'usage de la force ». Les capitales occidentales ont, elles aussi, appelé Pékin à plus de retenue.
Lhassa n'avait pas été en proie à des violences de la sorte depuis 1989, année pendant laquelle, après de violentes manifestations, fut décrétée la loi martiale dans la ville. Cette fois-ci, selon les autorités chinoises, la loi martiale n'a pas été décrétée, mais, ce matin, la ville était quadrillée par les forces de l'ordre. Elle est aussi fermée aux touristes étrangers.
MB