Le Dimanche 06 Janvier 2008 à 09h37
Spéculations sur l' « Offre d'emploi acceptable »
Le président a indiqué, vendredi 4 janvier, que les chômeurs refusant plus de deux « offres d’emplois acceptables » seraient sanctionnés. Une mesure remise en cause par les syndicats et l’Unedic.
Nicolas Sarkozy met son projet à exécution. A moins d’une semaine de l’étude, au Sénat, de la fusion ANPE-Unedic, il a annoncé vendredi 4 janvier, que le gouvernement cherchait à mettre en place un système de « sanctions » pour les chômeurs qui refuseraient plus de deux « offres d’emplois acceptables ». Mesure qu’il avait annoncée au cours de sa campagne.
« Double peine »
Le problème est que la définition d'une « offre d'emploi acceptable » reste floue. Les partenaires sociaux sont donc tenus de définir précisément ce concept. Une ébauche du texte qui devrait être adopté le 10 janvier préciserait qu’une « offre valable d’emploi » doit tenir compte « de l’ancienneté dans le chômage, du parcours professionnel, de l’expérience, de la formation, de l’ancienne rémunération et du lieu de résidence ».
Les syndicats se sont insurgés contre un « un discours cynique et méprisant au plus haut niveau de l’Etat », instaurant « une double peine pour les chômeurs (…) Au traumatisme subi de la perte de son emploi s’ajouterait celui de devoir accepter une sous-qualification ou une dégradation de ses conditions de vie ».
Pour l’Unedic, on se trompe de problème
Depuis 2005, des sanctions existent déjà pour les chômeurs qui manqueraient de zèle dans leur recherche d’emploi ou de formation. En 2006, 22 000 personnes sur les 4,5 millions inscrites à l’ANPE (Agence nationale pour l’emploi) auraient été sanctionnées pour ces raisons. En 2007, sur les 563 680 radiations, seulement 2,4% sont dues, selon l’agence, à un refus d’emploi.
Selon Annie Thomas, la présidente (CFDT) de l’Unedic, « les possibilités de sanctions existent déjà au premier refus, le problème n’est donc pas là : aujourd’hui l’ANPE est dans l’incapacité de proposer deux offres d’emploi en adéquation avec les 2 millions de chômeurs ».
Le concept « d’offre valable d’emploi » existe déjà dans onze pays de l’Union européenne.
Marie Billon