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Le Vendredi 07 Novembre 2008 à 11h45

Toujours pas d'unanimité au PS malgré la victoire de la motion Royal

Alors que les communistes ont adopté leur motion de base commune avec plus de 60 % des voix, les socialistes n'ont toujours pas trouvé leur candidat malgré une victoire de la motion Royal hier soir avec 29 % des voix. En effet, ce succès divise encore avec de vives réactions de part et d'autre du parti.

Le vote pour la motion Royal lors de l'avant-congrès de Reims du parti socialiste suscite de vives réactions dans le camp de la gauche française. Au lieu de rassembler, comme le souhaitait François Hollande, qui précise aujourd'hui que la victoire de Ségolène Royal ne lui donne pas la légitimité suffisante pour se présenter à sa succession, ce vote divise. La candidate du changement, comme elle s'est appelée pendant la campagne, a obtenu un soutien de 29 % des militants appelés à voter hier soir, soit le plus gros score face aux motions Delanoe, Aubry et Hamon. Sa victoire reste tout de même relative puisque Delanoe et Aubry la talonnent avec chacun 25 % des voix. Hamon reste plus loin derrière avec 19 % des voix, bien que cela reste un score beaucoup plus élevé que ce qui était attendu. Avant de prendre la décision de se présenter à la présidence du PS mi-novembre à Reims, Ségolène Royal souhaite réunir autour d'elle tous les décideurs du parti afin de discuter de cette victoire et d'une possible alliance. Sur l'antenne de France Inter, elle a rappelé que seule, elle n'était rien et que les autres n'étaient rien sans elle.

Cependant, et malgré ce demi-aveu de faiblesse, les réactions n'ont pas tardé à fuser au sein même du parti. Ainsi le sénateur Jean-Luc Mélenchon et le député du Nord, Marc Dolez, à gauche du parti et partisans de la motion de Benoit Hamon, ont annoncé ce matin qu'ils quittaient le Parti socialiste pour créer un nouveau mouvement "sans concession face à la droite". Ce départ rappelle la configuration politique qui s'était mise en place suite au référendum sur le Traité Européen en 2005 durant lequel la gauche s'était déchirée, ce qui avait donné lieu à la création du Nouveau Parti Socialiste (NPS) présidé par Arnaud Montebourg, Vincent Peillon, Henri Emmanuelli et... Benoit Hamon. Très rapidement, le NPS avait rallié les troupes du PS, pour la plupart sous l'égide de Ségolène Royal.

Bertrand Delanoe qui partait favori a, quant à lui, exclu une quelconque alliance, critiquant les vélléités de Mme Royal de vouloir se rapprocher du Modem, considéré comme trop à droite par le Maire de Paris. Selon les pronostics de Lionel Jospin, Bertrand Delanoe et Martine Aubry devraient se rapprocher pour le Congrès de Reims. Certains analystes considèrent que la victoire de Mme Royal est due à son ancrage à gauche, alors que Bertrand Delanoe s'était lui-même qualifié cet été de socialiste libéral. Le Congrès de Reims prévu mi-novembre s'annonce épique.

De leur côté, les communistes ont adopté le 30 octobre dernier à la majorité de plus de 60 % le texte du Conseil National en vue du congrès du parti qui se tiendra à Paris du 11 au 14 décembre. Ce texte a été proposé par la direction sortante du PCF et est intitulé "Vouloir un monde nouveau, le construire au quotidien". Les trois questions pointées par ce texte sont : la refondation de l'analyse du monde par le PCF dans les conditions de la crise financière, la capacité à avancer un nouveau projet et l'engagement de profondes transformations du PCF.

 

Annabel Benhaiem

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