Le Jeudi 16 Octobre 2008 à 05h47
USA : Joe le plombier et les dessous de la campagne au coeur du dernier débat
Pas de grande révélation au cœur du troisième et dernier débat des deux candidats à la présidentielle du 4 novembre. Ce dernier round autour des affaires intérieures a eu lieu autour d’une table à l’Université de Hoftsra, à Hempsted (New-York). Selon le dernier sondage CBS News-"New York Times" Barack Obama réunit 53% des intentions de vote contre 39% pour John McCain, qui a predu de nombreux points après le lundi noir et le deuxième débat.
Plus direct que les deux derniers débats des candidats, cette dernière rencontre permettait aux candidats de se répondre l’un à l’autre, même si Bob Schieffer de CBS donnait le ton avec ses questions. Sur les affaires intérieures, Barack Obama avait une avance sur John McCain, notamment à travers les projets d’éducation et de plan santé de son programme électorale. Les premières réactions on prouvé qu’il maintenait ses points d’avance sur ces questions. Selon le dernier sondage CNN/Opinion Research Corp, 58 % des auditeurs ont trouvé Obama meilleur lors du débat, et 31 % se sont prononcés en faveur de McCain.
Les candidats on bien sûr – comme lors du deuxième et débat- commencé par évoquer la crise économique, reprenant point par point leurs programmes, Obama promettant de baisser les impôts de 95 % des ménages américains et McCain préférant privilégier les entreprises et la création d’emploi.
Si dans le débat des vices-présidents, la table de la cuisine familiale était au cœur des métaphores économiques, cette fois-ci le foyer de la discussion a été « Joe le plombier ». Il s’agissait pour les deux candidats de montrer que les postes où ils ont choisi de couper les budgets sont ceux qui affecteront le moins la vie quotidienne de ce citoyen américain moyen fantasmé. Studieux et prenant des notes, John McCain est revenu sur les questions d’autonomie énergétique.
Barack Obama a poursuivi sa stratégie consistant à montrer que John McCain n’était pas un « Maverick » mais qu’il s’installait dans la continuité de l’administration Bush. Ce à quoi McCain a répondu que cela n’était pas vrai que si l’ennemi était vraiment Bush, c’est il y a quatre ans que Barack Obama aurait du se présenter.
A la question de de Bob Schiefer sur le fait de savoir si le scandidats trouvaient que leurs campagnes se déroulaient bien, John McCain est passé à l’attaque, mentionnant le coût inagalé de la Campagne du sénateur de l’Illinois. Et surtout l’affaire Ayers dévoilée au printemps dernier par les médias américains. Bill Ayers était un membre d’un groupe anti guerre du Viet-Nâm des années 1960, le Weather underground, qui avait essayé de bombarder le Capitole. Barack Obama aurait eu des liens avec Bill Ayers, qui vit dans le même quartier que lui et siégeait dans le même conseil d’une association caritative. Mais a répondu le candidat démocrate : « Monsieur Ayer n’est pas engagé dans cette campagne, il n’a jamais pris parti à ma campagne, et ce n’est pas lui qui va me conseiller à la Maison blanche ».
Enfin, les candidats ont aussi expliqué pourquoi ils ont choisi leurs colistiers. John McCain a choisi Sarah Palin pour son courage, sa vie de mère modèle et le souffle nouveau qu’elle apporte au parti républicain. Barack Obama a évoqué les compétences de Joe Biden en politique étrangères, sa faculté de n’avoir jamais oublié le milieu modeste d’où il vient, et sa manière de voir la politique si proche de celle du sénateur de l’Illinois. Barack Obama a reconnu du bout des lèvres les compétences politiques de la colistière du sénateur de l’Arizona : Sarah Palin.
Yaël Hirsch