Le Samedi 27 Septembre 2008 à 04h27
USA : Le 1ier débat des candidats
Jusqu´au dernier moment, le suspense a duré de savoir si le premier des trois débats des candidats a la présidence aurait lieu, hier soir à l´université du Mississipi. John McCain voulait en effet le repousser, le temps pour les deux sénateurs de revoir le volet écononomique de leurs programmes en fonction de la crise. Il y a finalement eu débat, pendant 1h30, sur la politique extérieure.
C´est le journaliste Jim Lehrer, de PBS, qui a animé ce premier débat des deux candidats américains pour les présidentielles. Plus qu´un débat, il s´est agi d´une juxtaposition de réponses de deux minutes par candidats aux questions de Lehrer.
Les premières 40 minutes ont été consacrées aux plans économiques des deux sénateurs pour faire face a la crise financière. Les deux hommes sont tombés d´accord pour dire que les 700 milliards de dollars prêtés par le gouvernement américain aux marchés financiers allaient reduire grandement leurs budgets. Ils n´étaient cependant pas d´accord sur les secteurs où il fallait couper les fonds. Alors que Barack Obama s´est prononcé pour une réduction des dépenses militaires, et une augmentation des taxes sur les plus "riches" (qu´il a défini sur demande de John McCain comme ceux gagnant plus de 250 000 dollars par an), il a refusé de revoir ses budgets pour un plan général de sécurite sociale et pour un accroissement de l´autonomie en matière énergétique. John McCain a fait appel a son savoir-faire en matière de controle des budget, a proposé de baisser les taxes sur les entreprises pour encourager l´emploi, et, en matière de politique énergétique, s´il est en faveur de plus d´autonomie, ce n´est pas via un programme nucléaire tres coùteux.
Les deux candidats étaient mieux préparés et plus à l´aise sur les questions de politique internationale, oú John McCain a quelques points d´avance, étant donné son experience en tant que vétéran et que politicien. L´Irak est un point de désaccord majeur entre les deux sénateurs : Mc Cain s´est félicité des progrès des derniers mois des troupes américaines pour ramener la paix dans le pays. Selon lui, un retrait prématuré des troupes aurait été vécu comme une défaite et aurait peut-etre débouché sur la nécessité d´y retourner. Pour Barack Obama, l´Irak n´est pas une priorité pour la sécurité intérieure du pays, alors que l´Afghanistan (voire le Pakistan) demanderait plus de troupes, spécaliememt au moment où Al Qaida est plus fort et plus tentaculaire que jamais.
Sur la question de l´Iran, John McCain s´est demandé si on pouvait discuter autour d'une table "sans conditions" avec un président qui prône la destruction pure et simple de l´Etat d´Israel. Eliminant l´option d´un conflit armé, il s´est dit en faveur de mesures économiques et commerciales répressives, avec l´Europe et même en l´absence de l´aide de la Chine et la Russie. Pour Barack Obama, cette politique qui consiste à ignorer l´Iran ne suffit pas. Il faut convaincre la Russie et la Chine de faire pression diplomatiquement, car c´est leur intérêt.
Enfin, les deux candidats sont tombés d´accord pour condamner la politique russe à l´égard de la Georgie, John McCain ayant sous-entendu qu´il maitrisait les tenants et les aboutissants des enjeux énergetiques qui sous-tendaient ce conflit.
Les premières réactions reproduites sur CNN montraient que Barack Obama a su persuader l´audience, hier, même si on a beaucoup glossé sur sa manière débonnaire de s´adresser à son adversaire en l´appelant "John" et une fois, trop enthousiaste même "Tim".
Yaël Hirsch