Le Mardi 25 Septembre 2007 à 12h00
Vers des chiffres du chômage plus fiables ?
Suite à la polémique suscitée par le report de la publication de l’Enquête Emploi 2006, l’INSEE a décidé de revoir sa méthodologie. Le principal changement est l’abandon des statistiques mensuelles du chômage pour des chiffres trimestriels.
Au printemps dernier, l’institut français de statistiques (INSEE) provoquait une énorme controverse. Il déclarait qu’il retardait la publication de l’Enquête Emploi 2006 (une grande enquête auprès de 130 000 personnes, réduite à 75 000 individus en 2006). Les raisons invoquées pour justifier ce délai étaient le manque de fiabilité des résultats. Ceux-ci présentaient une différence importante avec les chiffres annoncés mensuellement par le gouvernement. Le taux de chômage y était plus élevé de 0,8%. Cet écart était le résultat d’une utilisation des données de l’ANPE pour réviser chaque mois les statistiques du chômage, données peu fiables car les radiations de l’agence pour l’emploi sont considérées comme une réduction du nombre de chômeurs. Mais il était également causé par un important taux de non réponse. Face à ces divers problèmes, l’INSEE a décidé de procéder à plusieurs modifications dans sa méthodologie. Outre une refonte de l’Enquête Emploi (pour l’élargir), il a choisi de supprimer son indicateur mensuel. Désormais, les statistiques du chômage seront trimestrielles. Cette décision lui permet d’éviter toute dépendance vis-à-vis de l’ANPE. Seul le nombre de personnes inscrites en fin de mois à cette dernière sera publié mensuellement. Selon la nouvelle méthode de l’institut de statistiques, le taux de chômage s’établissait à 9,2% au premier trimestre 2007 et 9% au deuxième (un point de plus que précédemment annoncé). Toutefois, en suivant le mode de calcul d’Eurostat (institut de statistiques européens), la France a connu entre avril et juin une proportion de chômeurs s’élevant à 8,2% de la population active.