Le Lundi 20 Août 2007 à 12h00
Visite inattendue de Kouchner à Bagdad
Le ministre des affaires étrangères, Bernard Kouchner, s’est rendu hier à Bagdad pour une visite surprise, déclare le Quai d'Orsay. Il s'agit de la première visite d’un ministre français depuis l’opération américaine en Irak en 2003, à laquelle la France n’avait pas pris part.
La visite de Kouchner en Irak, qui devrait durer quarante-huit heures, s’inscrit dans la droite ligne du rapprochement franco-américain scellé cet été par les vacances outre-Atlantique du Président Sarkozy, ainsi que son séjour dans la villa personnelle des Bush. Un voyage censé afficher la solidarité de la France au peuple irakien, tout en marquant encore une fois l’envie de rupture du nouveau gouvernement. La Maison Blanche, d'ailleurs, a aussitôt salué cette visite, y voyant un exemple de « la volonté croissante de la communauté internationale d'aider l'Irak à devenir un Etat stable et sûr". De son côté, le ministre français des affaires étrangères a affirmé qu’il n'y avait « pas de solution militaire », et que la solution serait de toutes façons « entre les mains des Irakiens ».
Il y a quatre ans, au début de l’attaque américaine en Irak, Bernard Kouchner s’était prononcé en faveur d’une intervention militaire en Irak dans un cadre onusien, dénonçant alors l’anti-américanisme de la France. Ce voyage diplomatique intervient quatre ans jour pour jour après l’attentat contre l’ONU qui avait coûté la vie au représentant spécial, Sergio Vieira de Mello, et à 21 fonctionnaires des Nations unies. Mais surtout, la visite s’inscrit dans un contexte de paralysie politique et de recrudescence de la violence en Irak. Mardi, le pays a connu l'attaque la plus meurtrière depuis 2003 avec plus de 400 morts.
Eva John